Souvenirs d'enfance vers 1900.

Commençons à Noël, Il faisait froid, nous allions à l'école. Le jour de Noël c'était une fête, nous allions à la messe de minuit.

La maman nous faisait un "pastis" sur la plaque du feu. Elle faisait un bon feu avec beaucoup de braise, ensuite elle mettait la braise sur le côté, elle mettait la tarte sur la plaque ensuite dessus elle mettait le couvercle de la "payrole" (grosse marmite en cuivre d'une contenance de 100 litres environ. Le couvercle avait 60 cm de diamètre environ il était bombé de 20 cm environ) ensuite elle remettait le braise dessus et dans une heure environ c'était cuit, des fois c'était brûlé, des fois pas assez cuit, c'était toujours très bon . Le soir de la messe de minuit, nous invitions à manger la famille……….Comme c'était "maigre"(donc pas de viande) nous mangions de la morue. Le Petit Jésus (le Père Noël) nous apportait quelque chose dans les sabots : une orange, un petit jésus en sucre et nous étions contents.

La messe de minuit que c'était beau, il y avait des bougies partout jusque sur les grands lustres qu'il y avait au milieu de l'église. (Il y a les mêmes au château de Versailles dans la galerie des glaces), les grandes filles chantaient, il y avait un harmonium. Mr Albouy chantait le " minuit chrétiens" tout seul, il avait une voix extraordinaire. Nous étions glacés mais ça fait rien c'était une grande joie. Les gens des campagnes venaient à la messe à pied avec des lanternes et en entrant chez eux ils mangeaient le "puot" souvent c'était un grand gueuleton.

Nous on allait au lit. Le lendemain nous allions voir le Petit Jésus dans la crèche à l'église, . La semaine après noël c'était le 1erde l'an. Pour nous c'était un jour ordinaire. Il y avait des gosses du village qui passaient dans les maisons pour souhaiter la bonne année. Les gens leur donnaient un sou, nos parents ne voulaient pas qu'on le fasse.

Puis le mois de janvier passé, c'était le mois de février et le carnaval Les grands se masquaient, ils mettaient de vieux habits, des masques, nous on avait peur mais nous les suivions. Le mois de mars, mois de St Joseph, tous les soirs à la tombée de la nuit nous allions à la prière à l'église. Quand il y avait de la neige on jouait aux boules de neige, à la glissade, on se fichait par terre. Le 19 mars fête de St Joseph l'école nous prenait en promenade. Nous allions loin (4 ou 5 Km) à Bégon ou à Lagarde à pied nous avions soif.

En avril il y avait une foire Il y avait 4 ou5 marchands sur la place et quelques cochons sous le marronnier de Blanquet souvent il pleuvait. Il y avait lou "langaisayre", un monsieur avec une blouse bleue et des galons blancs. Il était là pour voir si les cochons étaient "ladre". Il couchait le cochon par terre, il lui mettait son bâton en travers de la bouche il regardait la langue et il disait "es pas ladré" ou "es ladré" et comme il pleuvait, il était plus sale que les cochons.

Quelques semaines avant pâques, tous les vendredi, nous allions au "chemin de croix" c'est-à-dire que Mr le Curé faisait le tour de l'église et s'arrêtait à chaque station. Ensuite Pâques. C'était une grande cérémonie .Il y avait le jeudi saint il y avait un grand office qui durait une grande partie de la soirée. Les cloches partaient à Rome, alors pour sonner les offices les garçons du village, soit avec des cornes ( de vache) ou avec des clochettes faisaient le tour du village pour sonner les offices

(Ce document a été rédigé par une Selvoise et nous a été transmis par sa famille qui souhaite gardes l'anonymat et que nous remercions)